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Le déni

Déni : non-considération d’une partie de la réalité, refus d’admettre une réalité perçue comme traumatisante. Un fragment - éventuellement important - de la réalité, se voit totalement ignoré : la personne qui dénie se comporte comme si cette réalité n’existait simplement pas, alors qu’elle la perçoit. Il y a véritablement négation de cette réalité extérieure à laquelle se substitue une idée subjective fantasmée. Souvent, cette protection met en place une bombe à retardement (schizophrénie par exemple). Pour les observateurs, le déni paraît évident, d’autant plus qu’il peut concerner ce que la personne devrait justement bien connaître.

Développement

Pourquoi y a-t-il des obscurantistes ?

Selon Wikipédia, "l'obscurantisme est une attitude d'opposition à la diffusion du savoir, dans n'importe quel domaine".

Le domaine le plus évident concerné, dans le monde chrétien fondamentaliste, est celui du créationnisme. Mais il y en a d'autres :

Idolâtrie de la Bible
On prétend suivre la Bible "à la virgule" (alors que les textes originaux n'ont pas de ponctuation...), mais c'est un fantasme : au premier passage biblique qui contredit les pensées de la personne prétendant ne suivre que la Bible, elle a une excuse toute préparée : "oui, mais...". Ces personnes s'opposent à vous lorsque vous mettez le doigt sur le vrai savoir concernant la Bible : ce sont des obscurantistes.

Idolâtrie de Jésus
Jésus, le Fils, est venu pour nous révéler, nous mettre en relation avec, nous faire aimer, le Père. Le mettre Lui, le Fils, au premier rang, est une idolâtrie. Ces personnes s'opposent à vous lorsque vous mettez le doigt sur le vrai savoir concernant Jésus : ce sont des obscurantistes.

Idolâtrie de l'Esprit saint
L'Esprit saint nous met en contact permanent avec le Père, et c'est Lui, le Père, que nous devrions mettre au centre. Ceux qui recherchent uniquement des sensations à travers cet Esprit (espérons que c'est réellement cet Esprit...) sont des chrétiens charnels, terrestres, psychiques. Ces personnes s'opposent à vous lorsque vous mettez le doigt sur le vrai savoir concernant l'Esprit saint : ce sont des obscurantistes.

Idolâtrie de la Loi
Il y a aujourd'hui une tendance beaucoup combattue par Paul il y a 2000 ans, et qui se répand à nouveau : le néo-judaïsme chrétien. Ces personnes, p.ex., enseignent qu'il faut absolument pratiquer le sabbat le samedi, sous peine d'être hors de la volonté du Père... Si vous lisez les lettres de Paul ou celle aux Hébreux, vous y découvrirez ce qu'est le vrai sabbat. Ces personnes ont le droit de respecter le sabbat, mais pas celui de le qualifier de pratique obligatoire. Ces personnes s'opposent à vous lorsque vous mettez le doigt sur le vrai savoir concernant la Loi : ce sont des obscurantistes.

Idolâtrie de soi-disant découvertes archéologiques
P.ex. le sang de Jésus qui aurait été trouvé sur l'arche de l'Alliance sous le mont Golgotha, par un pseudo-archéologue... (il y en a d'autres...). Libre à quiconque de croire ces choses... mais pas de les enseigner comme sûres, vraies et authentiques... Ces personnes s'opposent à vous lorsque vous mettez le doigt sur le vrai savoir concernant ces soi-disant découvertes : ce sont des obscurantistes.

Idolâtrie des structures d'église héritées du catholicisme
P.ex. la hiérarchie pasteur / anciens / diacres / "laïques". La Réforme n'a malheureusement pas été menée jusqu'au bout, et cette demande charnelle, psychique, de vouloir un chef en la personnalité du pasteur n'est tout simplement pas biblique (le berger, c'est Jésus, qui mène son troupeau au Père). Le pasteur n'est cité qu'une seule fois dans le NT, en 4ème position qui plus est. Le soi-disant "ministre" est dans les textes originaux un diakonos (diacre), donc un serviteur. Etc. Ces personnes s'opposent à vous lorsque vous mettez le doigt sur le vrai savoir concernant la structure biblique des églises : ce sont des obscurantistes.

Il y a toujours eu des obscurantistes, car il y a toujours eu des personnes qui prennent leurs désirs pour des réalités, leurs fantasmes pour la vérité (pour d'autres exemples, lisez les blogs de bibletude).

Pourquoi ?
Parce que ces personnes vivent de leur vieil homme, se complaisent dans le psychique.

Pourquoi ?
Parce que le spirituel les gêne : elles veulent pouvoir toucher (pseudo-archéologie), avoir des chefs qui leur disent ce qu'elles doivent croire ou faire (hiérarchie ecclésiale), etc.

Pourquoi ?
Parce qu'elles résistent à la vérité, ne se sentent bien que dans l'esclavage de la pseudo-vérité.

Pourquoi ?
Parce que la lumière les indispose, car elles refusent de reconnaître leurs erreurs tout en croyant avoir la foi : c'est en fait de la religiosité.

Pourquoi ?
Parce qu'ainsi elles peuvent imposer leurs vues faussées, ce qui les rassure et conforte dans leur erreur.

A noter que les obscurantistes sont souvent des fans des théories du complot. Mais ça, c'est une autre histoire...


Lire aussi :
Les mauvaises raisons de devenir chrétien
Non, ce n'est pas ça être chrétien !

Incohérence versus obscurantisme

L'incohérence mène-t-elle à l'obscurantisme, ou est-ce celui-ci qui rend incohérent ?

Quelqu'un d'incohérent essaiera toujours de retomber sur ses pieds en s'aveuglant volontairement (déni) pour se donner à lui-même - en espérant la donner aux autres - l'impression d'être cohérent.

Et un obscurantiste deviendra tôt ou tard incohérent en contrant les arguments de ceux qui voient clair.

Prenons l'exemple du créationnisme : les arguments allant à l'encontre de cette croyance sont soit ignorés, soit sélectionnés (on "oublie" ceux qui sont irréfutables), soit moqués, soit contrés avec des arguments de la plus haute fantaisie. De l'obscurantisme, on passe à l'incohérence.

Autre exemple : ceux qui disent "pour moi, seule la Bible compte : la Bible, toute la Bible, rien que la Bible", et qui, lorsque vous leur montrez que certaines de leurs croyances ne sont pas bibliques - donc qu'il y a indubitablement incohérence - vous répondent : "oui, mais...", et vous sortent une salade obscurantiste plus sombre qu'un trou noir...

Vous avez certainement vécu de telles expériences.

Une manière d'aider ces personnes est de leur faire comprendre que la foi consiste - entre autres - à adhérer à la vérité, qui rend libre. Que l'incohérence fait errer, et que l'obscurantisme fait tomber. Montrez-leur qu'ils sont dans une prison, dont la porte est ouverte, et qu'au lieu de sortir, ils décorent leur prison...

Pourquoi y a-t-il des créationnistes ?

Parce que le créationnisme les arrange

Pourquoi le créationnisme les arrange-t-il ?

Parce qu'ils lisent la Bible dans son sens premier et que le sens premier du récit de la création leur est indispensable

Pourquoi le sens premier du récit de la création leur est-il indispensable ?

Parce que Paul dit qu'Adam a introduit le péché dans le monde et que Jésus est venu pour réparer cette gaffe

Et... ?

Adam représente le vieil homme, celui qui n'atteint jamais les objectifs de Dieu (sens premier du mot "pécher"), alors que Jésus représente l'Homme Nouveau, celui qui suit les conseils de l'Esprit de Dieu, et par conséquent atteint les objectifs de Dieu

Et alors ?

Le péché d'Adam est de manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal : il veut décider de lui-même de ce qui est bien et de ce qui est mal - ainsi il se mélange souvent les pinceaux et rate les choses importantes que Dieu a en réserve - c'est cela le vieil homme

...et le nouvel homme, c'est le contraire ?

Oui, c'est pourquoi prendre au sens premier le récit de la création n'a pas de sens - mais les créationnistes ont besoin de ce sens premier car ils comprennent ces choses de manière terrestre et non pas spirituelle

Posséder Dieu ?

Rien ne caractérise autant notre vie religieuse que ces images de Dieu fabriquées par nous.

Je pense au théologien qui n'attend pas Dieu
parce qu'il le possède enfermé dans une construction doctrinale.

Je pense à l'étudiant en théologie qui n'attend pas Dieu
parce qu'il le possède enfermé dans un manuel.

Je pense à l'homme d'Église qui n'attend pas Dieu
parce qu'il le possède enfermé dans une institution.

Je pense au fidèle qui n'attend pas Dieu
parce qu'il le possède enfermé dans sa propre expérience.

Il n'est pas facile de supporter cette non-possession de Dieu, cette attente de Dieu... [...] la résistance au christianisme vient pour une grande part  de ce que les chrétiens, ouvertement ou non, élèvent la prétention de posséder Dieu et d'avoir ainsi perdu l'élément de l'attente...

Nous sommes [cependant] plus forts quand nous attendons que quand nous possédons.

Paul Tillich cité par A. Nouis au sujet de Jac 5:7

Littéralisme et vraie foi

Le littéralisme

Parmi ceux qui abordent la Bible uniquement littéralement, on peut distinguer deux sortes d'approches : la naturelle, et la réactionnaire.

Ceux qui ont l'approche naturelle sont dans l'incapacité de faire le tri entre le symbolique (qui montre des réalités sous forme allégorique) et les faits réels que le symbolique représente. S'ils sont honnêtes avec eux-mêmes, ceux qui ont cette approche finiront par comprendre cette distinction entre réalité et représentation de cette réalité.

D'autre préféreront le refoulement à l'incertitude déstabilisante que peut produire la découverte de la symbolique des textes bibliques (les créationnistes, p.ex.). Le littéralisme réactionnaire se rend compte que des questions se posent, mais il les refoule, consciemment ou non (par angoisse de l'insécurité). Cette attitude a encore une certaine légitimité s'il s'agit d'un questionnement très faible auquel on peut facilement répondre. Par contre, elle n'en a aucune quand elle brise l'esprit dans l'intimité de son coeur par des méthodes de propagande ou de manipulation psychologique, lorsqu'elle déchire l'unité et blesse l'intégrité des profondeurs de l'être.

L'ennemi n'est pas le littéralisme naturel, naïf, mais le littéralisme conscient qui réprime et agresse une pensée autonome. C'est une sorte d'idolâtrie.


Le critère de la vraie foi

La faiblesse de n'importe quelle foi réside dans sa facilité à devenir idolâtre. L'esprit humain, dit Calvin, est une fabrique qui produit continuellement des idoles. On le constate pour tous les types de foi, y compris le protestantisme qui en est particulièrement conscient. Des déformations idolâtres le menacent aussi. Il doit s'appliquer à lui-même le critère dont il se sert pour juger les autres formes de foi.

Chaque type de foi a tendance à attribuer une validité absolue à ses symboles concrets. Impliquer un élément d'autocritique constitue par conséquent le critère le plus décisif : le symbole qui convient le mieux manifeste non seulement l'ultime [ce que l'homme recherche au plus profond de lui-même] mais aussi qu'il n'est pas lui-même ultime.

A la différence de toutes les autres religions, le christianisme possède pleinement ce symbole avec la croix du Christ. Jésus n'aurait pas pu être le Christ s'il ne s'était pas sacrifié lui-même, en tant que Jésus, à lui-même en tant que Christ. Reconnaître le Christ en Jésus sans accepter Jésus le crucifié est une forme d'idolâtrie (Matthieu 16:16-23). Ce qui concerne ultimement le chrétien n'est pas Jésus, mais le Christ Jésus que manifeste le crucifié.

L'événement qui a créé ce symbole fournit le critère selon lequel on doit juger la vérité du christianisme et celle de n'importe quelle religion. [...] Le protestantisme critique l'Eglise romaine au nom de ce critère. A l'époque de la Réforme, la division des Eglises ne vient pas des formulations doctrinales, mais de la redécouverte du principe qu'aucune Eglise n'a le droit de prendre la place de l'ultime. [...] Ce critère s'identifie au principe protestant et devient réalité dans la croix du Christ - d'où la grandeur du christianisme protestant.

D'après Paul Tillich, Dynamique de la foi

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J'élève mes yeux vers les montagnes d'où vient mon secours (Psaumes 121:1)