Les Juifs n'ont pas « rejeté » la Septante en tant qu'héritage historique, mais ils ont cessé de l'utiliser et de la considérer comme une autorité normative au profit du texte hébreu (le texte massorétique), principalement en raison de son appropriation par les chrétiens et de divergences théologiques ou textuelles. [1, 2]
Direct Answer
Le judaïsme a délaissé la Septante (traduction grecque) au Ier et au IIe siècle de notre ère parce qu'elle était devenue la « Bible des chrétiens », que ses divergences de traduction altéraient des sens théologiques fondamentaux en hébreu, et que les rabbins ont voulu unifier la communauté autour du texte original en hébreu après la destruction du Second Temple. [1, 2]
Raisons du rejet et de l'abandon de la Septante
- L'appropriation par le christianisme naissant : Les premiers chrétiens (dont les auteurs des Évangiles et Paul) ont utilisé la Septante comme principal argument pour prouver que Jésus était le Messie annoncé. Des passages de la Septante se prêtaient mieux à la lecture chrétienne, ce qui a poussé le judaïsme rabbinique à s'en distancier pour préserver son identité propre. [1]
- Les divergences de traduction et de sens :
- Dans le texte d'Ésaïe (7:14), le mot hébreu almah désigne une « jeune femme », mais la Septante l'a traduit par le grec parthenos, qui signifie spécifiquement « vierge ».
- Cette nuance a été centrale pour la théologie chrétienne de la naissance virginale, alors que le judaïsme y voyait une interprétation orientée et non fidèle au texte original hébreu. [1]
- La fixation du canon hébreu : Après la destruction de Jérusalem et du Temple en 70 apr. J.-C., les sages pharisiens et rabbins (notamment lors du supposé concile de Jamnia) ont ressenti l'urgence de standardiser un canon officiel et un texte unique en hébreu et en araméen (qui aboutira au Texte Massorétique), éliminant les variations locales ou les ajouts propres à la version grecque. [1, 2]
- La présence de livres supplémentaires (deutérocanoniques/apocryphes) : La Septante contenait des livres écrits ou conservés en grec (comme Judith, Tobit, ou les Maccabées) qui n'ont pas été retenus dans le canon hébreu resserré du Tanakh (qui compte 24 livres équivalant aux 39 livres protestants). [1, 2]
Un paradoxe apparent
À l'origine, la Septante a bien été produite par la communauté juive d'Alexandrie (en Égypte) à partir du IIIe siècle avant notre ère pour les Juifs de la diaspora hellénistique qui ne parlaient plus l'hébreu. Cependant, ce n'est qu'avec la séparation historique entre le judaïsme rabbinique et l'Église chrétienne que cette traduction grecque est devenue un objet de rupture et non plus un outil de référence pour les Juifs. [1]
d'après l'Aperçu IA de Google
Il est à noter que la présence de deutérocanoniques/apocryphes n'est pas un argument valable pour juger du reste des textes de la Septante.
